5 facteurs d’échec que vous devez absolument éviter lors des études de cas

Les raisons expliquant les échecs aux études de cas dans les cabinets de conseil sont multiples. Mais nous connaissons Pareto, qui marche très bien dans le conseil, alors concentrons-nous sur les plus classiques et les plus impactantes.

Mauvaise préparation aux entretiens conseil - illustration David Farley

Commencer son étude de cas avec un déficit de crédibilité

Cette erreur résulte d’une mauvaise préparation au processus de recrutement dans les cabinets de conseil. La raison sous-jacente explique une grande partie des échecs dans ce type d’entretiens. Si le candidat n’a pas pris conscience que son évaluation portera sur l’ensemble de l’entretien alors il sera mécaniquement en situation de risque. L’entretien forme un tout, tout en étant subdivisé en trois parties fit-cas-questions finales.  L’étude de cas n’est pas un exercice déconnecté du reste de l’entretien, c’est au contraire un des maillons qui constitue l’ensemble du processus. Combien de candidats, même lors de sessions d’entraînement, changent carrément d’expression de visage lorsque l’étude de cas commence, avant même de noter la problématique, car ils considèrent que le véritable entretien ne démarre qu’à ce moment.

La parade est justement de faire en sorte d’introduire la section “étude de cas” de la meilleure manière lors de votre entretien, en ne laissant rien au hasard concernant votre discours, votre CV et votre lettre de motivation. A ce stade, un candidat non compétitif devra lutter contre un mauvais a priori de l’examinateur avant même de commencer à traiter l’étude de cas. A éviter de toute urgence.

Arriver avec une liste de méthodes que vous oublierez très vite

Lorsque le conseil en stratégie et management devient véritablement le plan de carrière prioritaire du candidat, il est très fréquent que ce dernier élabore sa propre approche des études de cas. C’est une excellente pratique d’ailleurs. Le seul point à vérifier est que l’approche que vous choisirez est bien adaptée à devenir consultant aujourd’hui. Car il existe nombre de méthodes et de moyens de se préparer qui mènent le candidat droit au mur. En synthèse, voici un test simple pour tester de l’adaptation de votre approche actuelle à la compétition. Est-ce que votre méthode actuelle pourrait être résumée sur un petit post-it de 5 cm sur 5 cm. Je veux parler de la trame de votre méthode, qui structurera votre approche et vous accompagnera tout au long de vos études de cas. Si la réponse est non, alors il y a du souci à vous faire. Car le jour J, le plus gros risque est de tout oublier. J’ai vu des candidats qui devenaient comme drogués aux études de cas: il leur en fallait toujours plus pour se sentir prêt. Ces candidats construisent de véritables usines à gaz intellectuelles pour aborder les cas, un peu comme des châteaux de cartes qui s’effondre à la première étude de cas réelle.

En synthèse: votre méthode devra au premier abord avoir l’atout de la simplicité et de la synthèse pour que vous puissiez à coup sûr vous reposer dessus le jour J. Cela demande un certain effort en amont, et ce site vise à vous y aider.

Naviguer a vue pendant l’étude de cas

Alors que l’erreur précédente concernait l’élaboration de votre méthodologie en amont des entretiens réels, celle-ci concerne votre manière de raisonner pendant l’étude de cas. Vous ne parvenez pas à suivre la cadence imposée par l’examinateur. Parfois il mène, parfois il vous laisse la main. Ces changements de régime vous perturbent et prennent le pas sur votre ligne directrice. Cette dernière n’est pas assez solide pour vous permettre d’avancer face à un environnement changeant et hostile parfois. Plus grave, vous aviez partagé un plan d’analyse pour avancer sur le cas et au fil des questions vous naviguez à vue, le plan initial étant un lointain souvenir.Le verdict sera malheureusement sans appel : le retour du cabinet de conseil sur une telle performance est 80% du temps le même, c’est la tarte à la crème du “pas assez structuré”…

En synthèse: vous devrez vous entraîner à conserver votre ligne directrice de manière ferme et flexible à la fois. Évidemment, cela présuppose que votre méthode soit construite pour évoluer “en direct” selon les retours de votre examinateurs.

Ne pas capter les signaux faibles de votre examinateur

Il s’agit encore une fois d’un problème qui apparaît pendant l’étude de cas. Vous apparaissez comme un candidat peu à l’écoute des remarques explicites et implicites de votre examinateur. En d’autres termes, vous reproduisez le cliché du consultant qui applique son approche à lui quelle que soit la demande de son client. Une sorte de rouleau compresseur de l’analyse stratégique…qui traite son étude de cas, pas celle proposée par l’examinateur. Le verdict est alors encore plus clair que ci-dessus: l’échec est patent.

En synthèse: il vous faut apprendre à identifier ces signaux faibles lors d’une étude de cas. Par exemple, si l’examinateur enchaîne sur le sujet des coûts des réponses évasives, vous pouvez intuiter que le sujet est sans doute non prioritaire. Ce n’est pas une règle absolue bien sûr, mais cela doit au moins guider votre intuition.

Rater des calculs simples, de niveau BEPC

C’est le challenge au milieu du challenge. L’étude de cas dans l’étude de cas. En lisant cet article jusqu’au bout, il y a de fortes chances que le processus de sélection dans le conseil vous intéresse. Cela signifie que vous disposez d’un bagage académique conséquent. Vous êtes un BAC +5 et vous disposez de compétences analytiques. Lors de votre BAC, vous avez par exemple appris à faire une intégration par partie, des calculs différentiels, des démonstrations par récurrence, bref tout l’attirail basique de l’enseignement secondaire francophone. Très bien. Lors de votre entretien, vous vous retrouvez confronté à une problématique qui se résoud par une équation du premier degré, niveau BEPC. Et vous savez quoi? Si vous n’y êtes pas spécifiquement préparé, vous avez un grand risque de “planter” ce raisonnement. Non seulement vous ne trouvez pas la réponse attendue mais en plus vous vous enfermez dans vos calculs. Votre raisonnement n’est pas clair, l’examinateur n’y comprend rien. In fine, vous non plus d’ailleurs. Vous tentez de reprendre pied en demandant des données inutiles, vous redemandez des chiffres qui vous ont déjà été donné 5 minutes plus tôt…et vous commencez à ressentir le cynisme de votre interlocuteur. Est-ce vraiment l’image que vous souhaitiez renvoyer de votre candidature. Le recruteur peut-il dans ces conditions se projeter avec vous dans son équipe pour discuter chiffres avec le directeur financier de son client du moment? Non hélas

En synthèse: la partie quantitative des études de cas doit être préparée de manière spécifique. Et ce, quel que soit votre profile, plus ou moins analytique. Si vous êtes ingénieur, vous serez attendu au tournant et l’échec serait encore moins excusable que pour les profils non techniques.