Devenir consultant: cette vie vous conviendrait-elle?

En savoir plus sur la vie qui va avec le métier de consultant, voici un sujet à creuser avant de vous lancer dans un processus de recrutement…

devenir consultant est ce pour moi

Les arbitrages inhérents à la vie de consultant

 

La vie d’un consultant est structurellement différente de celle d’un manager typique. Pour utiliser une image, je dirai que le consultant est un peu l’acteur d’improvisation, qui remet à chaque représentation sa légitimité en jeu. Contrairement au manager – qui rejoue souvent la même pièce de théâtre – le décor, mais aussi le public change à chaque fois pour le consultant. La distinction doit ici être faite entre le consultant généraliste et le spécialiste. Pour ce dernier, chaque représentation a lieu devant un public différent mais le texte à réciter reste globalement le même. Seules certaines intonations et certaines coupes dans le scénario initial sont à anticiper. Mais pour le consultant généraliste, surtout en début de carrière, l’ensemble du contenu et du contexte sont différents à chaque nouvelle mission.

Un consultant devra le plus souvent évoluer hors de sa « zone de confort », c’est à dire de l’ensemble des problématiques qu’il est en mesure de dominer à un instant t. Ce type de contexte peut être particulièrement stressant pour des personnes qui préfèrent exceller dans leur domaine d’expertise, leur zone de confort.

En termes pratiques, le métier de consultant engendre souvent des déplacements. Vous ne serez pas systématiquement amenés à voyager à des milliers de kilomètres de chez vous, car cela dépendra avant tout du mode de fonctionnement du cabinet que vous choisirez. Par contre, il se peut fort bien que vous soyez obligés de voyager à quelques centaines de kilomètres de votre domicile de manière récurrente. Car l’activité de consultant demande une proximité plus ou moins grande avec les clients. Or ces clients peuvent avoir leurs sièges, leurs usines ou leurs succursales un peu partout dans le monde. Ainsi, je vous pose une question simple : seriez-vous à l’aise avec une vie où vous quittez votre domicile le dimanche soir ou très tôt le lundi matin, pour revenir disons le jeudi soir ?

Les paramètres et le choix à faire

Il y a un certain nombre de paramètres très pratiques sur lesquels un candidat au conseil doit se positionner en amont au delà des voyages.

Pêle-mêle :

  • Le stress,
  • Le type de relations à ses collègues dans un environnement qui peut-être très compétitif,
  • Le manque de visibilité sur sa carrière à moyen et long terme etc.

Dans tous les cas, il ne s’agit pas de répondre par oui ou non à ces questions. Par exemple, « je ne veux pas évoluer dans un milieu compétitif donc je ne ferai pas de conseil ». Il s’agit de vous positionner sur cet ensemble de paramètres concrets pour découvrir et expliciter vos limites. Par exemple, certains d’entre vous seront rétifs à tout déplacement de long terme de leur domicile. D’autres seraient prêts à vivre ces déplacements mais disons, pendant un ou deux ans maximum. D’autres enfin ne se verraient que dans un contexte de voyages d’affaires, pour découvrir d’autres cultures et d’autres pays, ils se sentiraient étouffer à rester en région Parisienne.

Selon vos choix, et la fixation de vos limites, vous pourrez faire d’une pierre deux coup. Vous pourrez en effet non seulement valider votre motivation à faire du conseil mais surtout vous serez en mesure d’en savoir plus sur le profil du cabinet qui vous conviendrait le mieux. Cela constituera un premier travail d’analyse pour cibler vos cabinets de conseil.

Prendre le temps d’anticiper votre vie dans le conseil

Enfin last but not least, cette recherche d’information pour vous projeter dans un cabinet commence par une recherche d’informations, typiquement sur internet. Mais elle doit se poursuivre avec des discussions ciblées dans votre réseau personnel et professionnel. Ces activités sont chronophages. Par exemple, le simple fait de se plonger dans son réseau d’anciens pour identifier les interlocuteurs à contacter prend un temps fou. De plus, personne ne vous forcera à le faire, donc le nombre de personnes qui passent réellement à l’action sur ces étapes de base pour devenir consultant est très faible. Ensuite, le principal challenge à ce stade très en amont de vos entretiens est de prendre une décision personnelle. Fini le temps où vous choisissiez votre Grande École juste du fait de son classement ! Alors prenez le temps de vous projeter dans votre prochaine étape professionnelle…en professionnel !